dimanche 31 mai 2015

VERSAILLES BY NUMBERS #22, 25MAI-31MAI 2015

Y'A PLUS DE SAISONS!
Passés de 40 à 4 jets, les fontaines des saisons sont devenus bassins. Décorées d'amas de congélations, les figures étaient peintes au naturel. Sur les margelles des fleurs et des grappes de vignes, des fourmis et des serins, des empreintes ursines, un millier de détails animait le métail dispersé et remplacé après 1681 par des margelles de marbres.

LA SCULPTURE DU TAPIS VERT (LA MARÂTRE D'APOLLON)
Des 12 statues et 14 vases antiques du Tapis Vert, seule la figure de Junon est un véritable modèle antique rapporté de Smyrne en Turquie. 

LES 4 COUPLES DU PARTERRE D'APOLLON
Arrivés dans les jardins en 1686 à l'instar de la série de XX du parterre de Latone, les 8 termes de marbres disposés en arc de cercle alternent figures masculines et féminines gréco-romaine formant des paires fort fécondes: Jupiter et Junon, Pan et Syrinx, Vertumne et Pomone, Bacchus et Flore. 

mercredi 20 mai 2015

VERSAILLES BY NUMBERS #21, 18MAI-24MAI 2015

PAS DE JARDIN FRANÇAIS SANS LABYRINTHE
De même qu'il n'y a pas de jardins français sans cascades ou sans grottes, le labyrinthe fait partie des fondamentaux du jardin français trop souvent ramené à son expression cartésienne et géométrique quand  le fameux «je ne sais quoi»  propre à caractériser le génie du siècle de l'Académie des Beaux-Arts, fait partie intégrante de la doctrine classique.  A l'endroit du Bosquet de la Reine ou de la Salle de Bal existait en effet jusqu'en 1684, 39 fontaines mettant en scène 333 animaux de métail. 

LES 4 FLEUVES
Dans la Bible, ils s'appellent Gihon, Pishon, Tigre et Euphrate. A Rome, Danube, Gange, Nil et Rio de la Plata sculptés par Le Bernin font de la Place Navona le Centre du Monde. A Versailles, La Loire, La Seine, Le Rhône et la Garonne forme la quadrature hydraulique du monde. La Blonde Loire à Chaumont, le lent Guayas à Guayaquil, les rapides du Congo à Brazzaville et le Yangtzé au passage du Sutong Bridge ... 
"Puis l'Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l'Orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé. L'Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin et de là il se divisait et devenait quatre sources de fleuve. Le nom du premier est Phison ; c'est lui qui entoure tout le pays de l'Havila où il y a de l'or. Et l'or de ce pays est excellent, là il y a aussi le bdellium et de la pierre d'onyx. Le nom du second fleuve est Gihon ; c'est lui qui entoure toute la terre de Cousch. Et le nom du troisième fleuve est le Tigre ; c'est lui qui coule à l'Orient d'Assour ;  et le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate."  

DOUBLE TRIPTYQUE 
«La salle de 1792, qui est consacré à la guerre, la galerie des Batailles, qui évoque les principales victoires de notre histoire et la salle de 1830 qui est consacrée à la réconciliation nationale, ont été conçues par Louis-Philippe comme un triptyque correspondant à celui que forment le Salon de la Guerre, la galerie des Glaces et le Salon de la Paix.» 
In. Guide du Musée et Domaine National de Versailles et Trianon, Pierre Lemoine, Inspecteur Général Honoraire des Musées de France, Ed. Rmn, 2000.
La Salle de 1792, p.67

jeudi 14 mai 2015

VERSAILLES BY NUMBERS #20, 11MAI-17MAI 2015

IL ÉTAIT UNE FOIS
« Finalement, si Louis XIV n'avait pas bombardé la ville*, vous n'auriez pas aujourd'hui une place aussi belle, une fois ». *Bruxelles
Guide du Routard Belgique 2011, La Grande Place, p.151.

POLIOR7
La poliorcétique, du grec Polior-Ketikos étant la science du blocus militaire, Sébastien Le Prestre, Seigneur de Vauban, restaurateur en son temps* de 118 places fortes, constructeur de 33 nouvelles et la directeur de 53 sièges**, vaut bien l'analogie avec le sujet du camaïeu en forme de médaillon surmontant la copie des Pèlerins d'Emmaüs de Paul Véronèse dans le Salon de Mars: «Démétrius Poliorcète prenant une ville d'assaut» (Par de Claude II Audran). 
** Louis XIV, Jean-Christian Petitfils, Ed. Perrin, Coll. Tempus, 2002.  

2 JUMELLES DE 2 ANS
Dans les bras de la fécondité à droite du Roi Louis XV habillé en Empereur Romain, Elisabeth et Henriette de France sont offertes à la Piété comme le rameau d'olivier de la Paix est offert à l'Europe. La scène est peinte par François Lemoine (Cf. Apothéose d'Hercules) en 1729. Les jumelles sont nées en 1727. Les colombes de la paix prennent toutefois du plomb dans l'aile dès 1733, 11 ans après son couronnement, avec l'entrée en guerre de la France dans le conflit agitant la succession du trône polonais (1733-1738). 

mercredi 6 mai 2015

VERSAILLES BY NUMBERS #19, 04MAI-10MAI 2015

LOUIS-QUATORZIENNE
« Versailles accueillait 4 à 5 000 nobles sur une cours de 7 à 8 000 personnes environ, personnel subalterne compris. Le chiffre est modeste rapporté à la démographie estimée du 1er des ordres, soit 200 000 individus. La faiblesse du rapport ne peut toutefois pas servir la thèse critique d'une influence exagérée à posteriori du succès de la politique louis-quatorzienne. 
** Louis XIV, Jean-Christian Petitfils, Ed. Perrin, Coll. Tempus, 2002.   p. 447

LOGIQUE DECORATIVE (DU DECOR PEINT DES GRANDS APPARTEMENTS)
Une divinité tutélaire et deux figures allégoriques au plafond régissent les sujets des voussures et écoinçons. 
«Pour chaque pièce, la peinture centrale du plafond comprend la représentation du dieu associé à la planète, dans un char tiré par les animaux qui lui conviennent : les biches pour Diane, les loups pour Mars, les coqs pour Mercure, les chevaux du soleil pour Apollon, les aigles pour Jupiter, les dragons pour Saturne, les colombes pour Vénus. Auprès des chars sont peintes plusieurs figures allégoriques qui s'ordonnent, dans toutes les pièces sauf au salon de Vénus et de Mars, selon deux thèmes, que l'on retrouve dans les quatre sujets de voussure (et parfois dans les allégories des écoinçons)
Cf. « Les Grands Appartements de Versailles », Catalogue des décors peints, Nicolas Milanovic, Ed. RMN 2005, p.36 « Un programme colbertien ». 

LE BOSQUET DES TROIS FONTAINES
« Il y a bien 3 fontaines au dit Bosquet du même nombre mais aucune sculptures » remarque judicieusement Simone Hoog dans « The Garden of Versailles », Visitor's guide and list of sculptures, Artlys, 1999, p.42.
« The Garden of Versailles », Visitor's guide and list of sculptures, Artlys, 1999, p.42

jeudi 30 avril 2015

VERSAILLES BY NUMBERS #18, 27AVR-03MAI 2015

LE LABYRINTHE DE 100 ANS
Aménagé par Le Nôtre en 1865 il est enrichi par Charles Perrault de 72 à 77 pour l'éducation du Dauphin. Il disparu en 1778, remplacé par le Bosquet de la Reine. A chacune des 39 fontaines, des tablettes présentaient des quatrains en lettres dorés composé par Isaac Bensérade.

LES ANTIQUES ARBRES DEVENUS ...
Remplacés par le Bosquet des Marronniers décoré de 8 bustes, La Galerie des Antiques d'abord Galerie d'Eau en 1673, devient des Antiques en 1680, après qu'entre 3 lances d'eau, 20 statues d'antiques aient été rassemblées de part et d'autre d'une allée centrale jardinée de topiaires et parterres en broderie.

IL ETAIT UNE SOURCE DANS UN BOSQUET DE MARBRE...
Le Bosquet des sources remplacé par celui de la Colonnade vécut 10 ans de 1778 à 1788. La Renommée du Roi, aujourd'hui au centre de la perspective du parterre nord à l'ombre des platanes du bassin de Neptune en était le centre avant le rapt de Proserpine par Saturne.  A l'instar du labyrinthe, il équilibrait la géométrie à outrance de ce qu'il en reste.

mercredi 22 avril 2015

VERSAILLES BY NUMBERS # 17, 20AVR-26 AVR 2015

ENTRE LE ROI CACHÉ ET LE PRINCE D'ORANGE
« Les qlqs. 50 000 jacobites de France ne forment pas mouvement uni » ... face à l'Angleterre du Prince d'Orange. Jacques II meurt [...] en 1701 et Guillaume III en 1702 ... Leurs héritiers sont dans le camps catholique, Jacques III, le chevalier de Saint-Georges aussi dénommé par Yves-Marie Bercé  «Le roi caché» et, dans le camps protestant, Anne-Stuart, belle-sœur du défunt et tante paternelle de Jacques III remplace sa sœur, Marie II. La France reconnaît officiellement Anne-Stuart comme la reine d'Angleterre et d'Irlande par via le traité d'Utrecht en 1713. 
- Lucien Bély, Les secrets de Louis XIV, Mystère d'Etat et Pouvoir Absolu, Tallandier 2013, p.457 (Chap. 21 « Les réseaux internationaux, Un monde de ténèbres, p.451-461).
> Cit.1 Nathalie Genet-Rouffiac, Le Grand Exil. Les Jacobites en France, 1688-1715, Paris, 2007
> Cit.2 Yves-Marie Bercé, Le Roi Caché », Paris, 1990.

LA “GRANDE MANIÈRE” ET LA PETITE
Lorsque Louis XIV était présent à Versailles, la lance de la fontaine du dragon s'élevait à près de 27 m. de hauteur -c'était la « grande manière » - et, lorsqu'il était absent, à plus de 11 mètres, c'était la « petite manière ».
« Versailles, Un jardin à la Française, Stéphane Pincas, Editions de la Martinière, p. 112, 1995, Paris. »  p. 53

LE PARFUM DE MARIE-ANTOINETTE
Présenté au château de Versailles en 2007, il est conservé à l'Osmothèque ou bibliothèque olfactive. 2300 parfums actuels et disparus y sont répertoriés. www.osmotheque.fr
http://www.versailles-tourisme.com/decouvrir/versailles-insolite/losmotheque.html

L'Osmothèque - http://www.versailles-tourisme.com/decouvrir/versailles-insolite/losmotheque.html
L’Osmothèque est une institution unique au monde : fondée en 1988, elle découle du souci de plusieurs parfumeurs de conserver et transmettre les fragrances qui ont fait la renommée de la parfumerie française.
Ses fondateurs ont ainsi rassemblé un nombre considérable de formules et reconstitué les parfums correspondants (2300 parfums actuels ou disparus). Forte de cette collection, l’équipe de l’osmothèque organise régulièrement dans ses locaux de Versailles des conférences à thèmes destinées à tous les types de publics. L'Osmothèque participe aussi à quantités d’évènements nationaux et internationaux à buts culturels, scientifiques, professionnels ou privés. On retiendra la part qu’elle a prise à la reconstitution du parfum de Marie-Antoinette présenté au château de Versailles en 2007.
Osmothèque, Le conservatoire International des parfums, 36, rue du parc de Clagny, 78100 Versailles (France), Tél : +33(0)1 39 55 46 99, Email : osmotheque@wanadoo.fr, www.osmotheque.fr

lundi 13 avril 2015

VERSAILLES BY NUMBERS # 16, 13AVR-19 AVR 2015

DEUIL SUR DEUIL
«Jamais aucun roi ne connut plus de malheurs familiaux que Louis XIV. […] Il perd son épouse la reine en 1683, l'année de ses 45 ans. Elle lui avait donné six enfants. Cinq d'entre eux moururent en bas âge, en 1662, Anne-Elisabeth, (1,5 mois), en 1664, Marie-Anne (1,5 mois), en 1667, (4 ans), Philippe-Charles (4 ans). En 1711, l'aîné Louis rend l'âme à son tour. Il a 50 ans et est deux fois veuf. Son père s'approche des 73. Son fils, le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV meurt l'année d'après à 30 ans, peu avant (2 semaines) son deuxième enfant de 4 ans, arrière-petit-fils du Roi-Soleil et frère aîné de Louis XV ; le premier n'avait pas célébré un seul cierge. Survivait  certes Philippe V, frère aîné du Duc de Bourgogne mais devenu roi d'Espagne en 1700, l'hérédité de la couronne passait au benjamin Charles, Duc de Berry disparu lui aussi à son tour en 1714, l'année de ses 28 bougies, celle des 76 du roi arrière-arrière grand-père d'un orphelin de 5 ans: Louis XV. Louis XIV enterre donc 7 héritiers. Son filleul,  Philippe d'Orléans assure la régence jusqu'en 1723.
Jacques Levron, A la cour de Versailles aux XVIIe et XVIIIe siècles, Hachette, 1965, p.XX

SIX ANNÉES AU MILIEU DES ÉCHAFAUDAGES...
1668-1674 ... 4 années suffisent à l'achèvement des travaux du Château de Le Vau, F. d'Orbe, son successeur suivant fidèlement les directives du maître. « L’exécution des plans élaborés par Le Vau commence en 1668. […]. En 1671, la grosse-maçonnerie est achevée. En 1674, le château de Le Vau est pratiquement terminé. Pendant 6 années, Louis XIV à très souvent résidé à Versailles, dans le château primitif, au milieu des échafaudages, des plâtras, de la poussière ». 
Jacques Levron, A la cour de Versailles aux XVIIe et XVIIIe siècles, Hachette, 1965, p.27

LE COLLÈGE DES 4 NATIONS...
Le Vau meurt en 1670 à l'âge de 58 ans (1612-1670). Il laisse à la postérité une œuvre architecturale importante dont l'institut de France ou Collège des 4 Nations est le monument la plus en vue mais Vaux-le-Vicomte, son travail le plus connu avec les appartements du Roi et de la Reine à Versailles.  Le même esprit épuré de lignes caractérisant son travail se retrouve aisément au niveau des aménagements de la Cour Carrée du Louvre (façade orientale et septentrionale) mais aussi de nombreuses façades d'Hôtels particuliers de l'Île Saint-Louis (Lambert, Lauzun, Le Vau) ou du bas Saint-Germain.  Le Pavillon de Marsan, ex-Pomone et celui de Flore raccordant antérieurement le palais des Tuileries à la Grande Galerie mais aussi les ailes de la Reine et du Roi au Château de Vincennes sont deux autres marqueurs du classicisme de Le Vau sur l'architecture française et vice-versa, deux marqueurs de l'architecture de Le Vau sur le classicisme français. 

Principales réalisations:
- Château de Versailles
- Château de Vaux-le-Vicomte (1658-1661).  
- Hôtel Lambert, Hôtel Le Vau, Hôtel de Lauzun (Quai d'Anjou, Île Saint-Louis, Paris).
- Château de Vincennes : Aile de la Reine (-Mère) 1658, Aile du Roi (1661).
- Le Collège des Quatre-Nations ou Institut de France (1662-1688): Hybride des styles Baroque et Classique. Infl.de Bernini sur L.le Vau. Visite Paris 1665 (Ballon).
- Saint-Sulpice (Partie)
- Tuileries (1664) / Aménagement. Unité / Suppression esc. pavillon Philibert Delorme / Elevation édifice central + 1 ét. d'ordre composite + attique. Conservation décoration r-d-c (ordre corinthien 1er et.). Remplacement dôme circulaire (Delorme) / quadrangulaire. Fermeture / pavillon de Flore et de Marsan 
- Agrandissement du Louvre : 1/2 façades cour carrée, soit le prolongement de l'aile méridionale de Pierre Lescot (côté Seine), Totalité façade orientale (except. colonnade extérieure / architecte et physicien Claude Perrault. Retour façade nord (jusqu'au milieu du pavillon central).
- Restauration (1653 et 1657) des façades du château de Saint-Fargeau pour la cousine de Louis XIV Anne Marie Louise d'Orléans de Montpensier, cousine germaine de Louis XIV, fille de Gaston d'Orléans (frère de Louis XIII) surnommée la Grande Mademoiselle.